Dans mes recherches, je suis tombée sur cet ouvrage de Gérard Bertolini publié en 2006: Le déchet, c’est les autres , Même pas vrai !

Ce chercheur examine le déchet sous un angle sociologique. Il pose le regard de l’humain sur le déchet comme une position psychologique réactive. Le déchet peut repousser jusqu’à la pathologie (dégoût maladif), et il attire, selon Bertolini, par réaction contre l’ordre naturel de répulsion.

« Les déchets sont source de psycho-socio-pathologies. Ils sont objets de répulsion pour beaucoup (pouvant aller jusqu’à des phobies et des troubles obsessionnels compulsifs), mais aussi, à l’inverse, d’attraction pour d’autres. Ce livre vise à montrer que le déchet «absolu» n’existe pas, qu’il faut relativiser, et que le rebut est susceptible d’être transformé en ressource ; que la répulsion résulte d’un ordre social et mental construit, qui comporte une part d’arbitraire, et que l’attraction, lorsqu’elle n’est pas instinctive, s’inscrit en réaction contre cet ordre. L’enjeu consiste à rendre le déchet tolérable, acceptable, ce qui passe par une réappropriation psychosociologique. »

Cette interpréation des choses est très culturelle. Je ne peux être d’accord avec cette vision, bien que l’élément de dégoût reste indéniable. Mais notre vision diffère selon nos expériences et nos connaissances. Les déchétariens (freegan), ou les glanneurs sont la preuve vivante que notre lien au déchet est fort complexe. Je pense que dans le dégoût du déchet se trouve une peur de notre propre mort. Dans notre société asceptisée, où le culte de la beauté et de la jeunesse fait loi, il est difficile de penser à la putréfaction, à la décomposition, au retour à la terre. C’est pourtant ce qui nous attends tous. Autant y aller dans une terre saine.

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