Ce matin, plainte officielle au département des parents: Jeune homme manque de vêtements. Rien à se mettre. J’ai les bras qui tombent, les jambes sciées. Ses tirroirs ne ferment pas tellement il a des vêtements. Je compte ses jeans: 9 paires (9!!!). Autres pantalons: 3. T-shirts: 12. Vestes: 4. Chemises d’été: 5. (mais ses chemises sont exclues de son look actuel). Shorts: 3. Bon là, j’avoue qu’il est mal nanti. Et ce ne sont que les vêtements chez son père, car il a une autre garde-robe chez Maman, question pratique. Mais sa demande vient du fait que ses vêtements ne correspondent plus à ce qu’il aime. Soit. Certains de ces vêtements ont été donnés par son frère ou son cousin. Il n’a pas choisi. Ce ne sont pas ‘ses’ vêtements.

Mais au-delà de ça, au-delà de sa demande, relativement légitime pour une jeune garçon de 12 ans qui vit dans notre société de consommation dans un milieu relativement aisé, cela amène à se poser de sérieuses questions sur nos valeurs collectives, sur la surabondance dans laquelle nous vivons et qui est une norme sous laquelle on crie au scandale. En voyageant un peu, seulement de quartier, on relativise. Pourquoi avoir tant besoin de choses, de vêtements, d’objets. Je suis la première victime, assallie parfois par des irrépressibles envie d’aller faire un tour chez Ikea, ce royaume du beau-bon-pas cher, véritable Noël pour la ‘bobo‘ que je suis. Pourquoi avons-nous cette envie de consommer, d’avoir du nouveau, du changement? Est-ce que la chanson incessante de la pub et les valeurs qu’elle transporte qui nous a façonnés? Sommes-nous des soldats de la consommation? J’ai bien peur que oui. Et comment on déserte de cette armée dont les généraux sont l’endettement et la surenchère de déchets?

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