Archives de la catégorie Consommation

Encore une fois, SWAP organise un événement d’échange de vêtements. À ne pas manquer pour la rentrée d’automne!

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Un fort courant de déconsommation [‘unconsomption’] est en vogue partout dans le monde (même aux USA!). Plusieurs blogues racontent une volonté ferme de freiner la consommation. À commencer par le célèbre AdBusters qui milite depuis des années. Dernièrement, on voit plusieurs projets qui prônent la simplicité volontaire, sauce trendy et branchée. Dave se donne le défi de ne posséder que 100 objets! Enfin, arrive une façon vendeuse de prôner des valeurs écologiques, de rendre accessible un courant idéologique qui était nécessaire pour stoper la satanée surconsommation. Comme dit mon amie Christine à propos de projets de changement de mentalités: ‘it has to be fun, easy and popular!’. La sobriété est la nouvelle mode, et c’est bien, ça ne se démode pas! Le blogue de Unconsomption le prouve. Aujourd’hui même, BoingBoing mentionnait le cas de Kelly Sutton, ce type qui vit de façon minimaliste et qui a décidé d’utiliser Internet pour se défaire de certains biens.

Article dans Libération: ‘Vivre avec 100 objets’

Article dans le New-York Times: But Will It Make You Happy?

Est-ce la conséquence de la crise économique? Est-ce la consicence des enjeux écologiques? Est-ce un constat d’injustice sociale entre les classes qui pousse à une nouvelle modération? Je pense que c’est l’ensemble de ces éléments. Mais la sauce prend, c’est l’important. Va falloir être fort, parce que la machine des billets verts est une arme sans merci. Et si le système se rendait compte que c’est plus payer d’être économe?

Ce matin, plainte officielle au département des parents: Jeune homme manque de vêtements. Rien à se mettre. J’ai les bras qui tombent, les jambes sciées. Ses tirroirs ne ferment pas tellement il a des vêtements. Je compte ses jeans: 9 paires (9!!!). Autres pantalons: 3. T-shirts: 12. Vestes: 4. Chemises d’été: 5. (mais ses chemises sont exclues de son look actuel). Shorts: 3. Bon là, j’avoue qu’il est mal nanti. Et ce ne sont que les vêtements chez son père, car il a une autre garde-robe chez Maman, question pratique. Mais sa demande vient du fait que ses vêtements ne correspondent plus à ce qu’il aime. Soit. Certains de ces vêtements ont été donnés par son frère ou son cousin. Il n’a pas choisi. Ce ne sont pas ‘ses’ vêtements.

Mais au-delà de ça, au-delà de sa demande, relativement légitime pour une jeune garçon de 12 ans qui vit dans notre société de consommation dans un milieu relativement aisé, cela amène à se poser de sérieuses questions sur nos valeurs collectives, sur la surabondance dans laquelle nous vivons et qui est une norme sous laquelle on crie au scandale. En voyageant un peu, seulement de quartier, on relativise. Pourquoi avoir tant besoin de choses, de vêtements, d’objets. Je suis la première victime, assallie parfois par des irrépressibles envie d’aller faire un tour chez Ikea, ce royaume du beau-bon-pas cher, véritable Noël pour la ‘bobo‘ que je suis. Pourquoi avons-nous cette envie de consommer, d’avoir du nouveau, du changement? Est-ce que la chanson incessante de la pub et les valeurs qu’elle transporte qui nous a façonnés? Sommes-nous des soldats de la consommation? J’ai bien peur que oui. Et comment on déserte de cette armée dont les généraux sont l’endettement et la surenchère de déchets?

Toutes les réflexions amenées par mon projet m’amènent dans des zones sombres comme dans les zones les plus lumineuses de mes pensées. Prisonière de nos liens avec la société, je suis confrontée chaque jour avec des paradoxes difficiles. Je n’aime pas produire de déchets, mais comment s’en défaire si chaque produit consommé est suremballé? Il faut faire les bons choix, je le concède, mais c’est un combat quotidien contre l’offre abondante de produits suremballés, non respecteux de l’environnement et de la justice sociale. Comment être certain que ce qu’on achète a été produit écologiquement, avec une réelle démarche de respect de la nature, et en respectant les droits des travailleurs qui l’ont produit? Les certifications et logos sont si nombreux, qu’il est difficile d’y voir clair. Si on ajoutte tout le marketing vert et la publicité qui nous manipule à des fins mercantiles, c’est presque impossible de faire confiance aux prétentions écologiques d’un produit. Cesser de consommer à outrance serait la voie logique qui permet de freiner la destruction que l’on fait subir à la planète, mais devant la machine capitaliste et son train de valeurs attrayantes, c’est complètement utopique.

Je suis confrontée quotidiennement à des milliers de choix de société qui sont hautement illogiques si nous voulons faire cesser le suicide collectif dans lequel nous sommes engagés. Mais peu de gens semblent voir l’ampleur du problème, pourtant devant nos yeux. Beaucoup se bercent d’illusion en croyant que la technologie et l’argent pourront réparer les dégats. Je dois être honnête et admettre que plusieurs avancées technologiques, tel le biomimétisme, offrent des pistes intéressantes pour rétablir notre équilibre avec la nature. Mais afin de contrer les problèmes de façon sérieuse, la transition doit être radicale et immédiate. Ce qui fait de moi une extrémiste, position idéologique peu encline à trouver écho dans notre monde modéré.

Je dois ranger ma colère? Peut-être. Mais une chose est certaine, c’est avec acharnement que je dois poursuivre ma quête.

En lisant cet article de Hervé Kemf, j’ai appris l’existence de la 2e Conférence sur la décroissance qui avait lieu à Barcelone en mars 2010. La liste des questions soulevées par les groupes de travail sont hautement intéressantes. Vous pouvez découvrir ici la déclaration de la conférence de Paris en 2008.

Au Québec, il existe le Mouvement Québécois pour la décroissance conviviale

À Montréal, le 10 et 11 mai prochain aura lieu le congrès de l’ACFAS, où aura lieu un symposium sur la décroissance

J’ai une question: existe-t-il une procédure d’évaluation normalisée des produits de consommation mis sur le marché? L’importance d’une telle évaluation est capitale, et elle permet de rendre accessibles et claires les données aux consommateurs afin de prendre des décisions éclairées. À quoi correspondent, par exemple, les normes « energy star » (auxquelles je me fie pour savoir si un produit est vert)?

Si de telles normes balisées et homogènes (les mêmes pour tous) n’existent pas, à quand leur mise en place par le gouvernement? Les différents produits doivent prendre en considération tous les éléments inhérents à leur chaîne de production. Savez-vous si il existe des groupes de lobby pour mettre en place un tel système d’évaluation?

À mon sens, un tel système est fondamental pour prendre les bonnes décisions. Afin d’aider les consommateurs, mais aussi et surtout afin d’orienter les producteurs dans leurs prises de décisions. Si des normes claires guident les producteurs, ils sauront prendre des décisions éclairées afin de concevoir et mettre en marché tout nouveau produit pour qu’il soit un bien non dommageable pour l’environnement.

Mon objectif: un buffet du temps des fêtes avec zéro déchets!

Ce n’est pas impossible, mais difficile à atteindre. Il est possible de commencer par faire des efforts, bon point de départ. Vous planifiez votre réception du jour de l’an, avec 40 invités prévus? Vous pourriez servir les bouchées dans de la vraie vaisselle, si vous prévoyez aussi une activité commune de ménage dans votre fête… Ou si vous voulez passer la journée suivante à faire la vaisselle, pour vous détendre (!). L’an dernier, lors d’une visite dans une quincaillerie grande surface, quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai vu des assiettes de Noël en porcelaine soldées au même prix que la vaisselle jetable. J’hésitais, tentée par cette aubaine alléchante, mais je me refusais d’acheter un produit qui ne servirait qu’une fois l’an. Mais ma surprise fut totale quand un employé sympathique (appelons-le Réal), plein de bonne volonté et de conseils de mononcle, me fit cette réplique: « À ce prix-là, jetez votre vaisselle après avoir servi vos invités, ils seront impressionnés. » Pour lui, il était évident que jeter de la vaisselle de porcelaine était une bonne idée, car elle avait coûté un prix si bas, et que nos invités seraient ébahis du déploiement de notre richesse. Réal imaginait que mes invités s’exclameraient: « nos hôtes sont si riches qu’ils mettent leur vaisselle à la poubelle après une seule utilisation, wow ». Ici, j’ai compris l’énorme fossé de valeurs qui me séparait de cet homme. Pour lui, l’accomplissement et la richesse lui permettait un bien-être personnel agréable, et la poubelle était une façon de disposer de choses dont on ne voulait plus, comme une armoire géante qui avalait tout dans un néant sans conséquences. Soupir. Méchant choc de valeur. Comment on explique sa vision écologique à Réal en deux minutes dans la rangée 8 chez Canadian Tire?

Sans allez jusqu’à réaliser le plan farfelu de l’inconséquent Réal, je comprends quand même que plusieurs optent encore pour la vaisselle jetable. Mais au moins, ne prenez pas de la vaisselle de plastique et des assiettes de polystyrène ou de carton ciré! Tout cela finira au dépotoir, impossible à recycler. Il existe de la vaisselle compostable. Une entreprise de Sherbrooke Nova Envirocom offre des ustensiles et des assiettes faites d’Amidon de maïs sans OGM. Cette entreprise Québécoise a mis ces produits sur le marché en 2007. Nova Envirocom offre aussi des services divers, tel que « l’événement zéro déchet » où l’entreprise aide des organisateurs d’événements, de festivals et de colloques à réduire leurs déchets au minimum. Et ils offrent des activités de formation. On pourrait inscrire Réal de chez Canadian Tire.