Archives de la catégorie Déchet

Je suis tombée sur ce vidéo qui relate le travail d’un scientifique japonais qui fait de la ‘viande’ à partir d’excréments humains. Il me semble qu’il existe des milliers de solutions avant de faire un tel projet farfelu (ou répugnant, c’est selon). Mais bon, lui, il l’a fait, et il y a gouté, pour vrai.

Voilà ce que Chris Jordan a trouvé dans la carcasse d’un albatros. Du plastique. Here is what Chris Jordan found in a dead albatros. Plastic.

Certaines solutions technologiques tentent de résorber le problème, tel que Ecopure. Mais la technologie n’est qu’une réponse partielle face à l’ampleur de la crise. Il faut changer nos mentalités.

Je suis tombée sur le projet fou de Taina, une dynamique jeune femme de Vancouver, qui a décidé de vivre un an sans plastique. Très gros défi, qui a pour impact de considérablement réduire ses déchets. Elle est fascinante, et son blogue se lit comme un roman. Overconsumption of plastic http://plasticmanners.wordpress.com/

Shoreline plastic pollution

Have a look at this WikiHow entry. A reminder for tricks and tips to avoid creating waste.

 » Landfills are expanding every day. Between 1960 and 1990, trash production has doubled, and since then remains at about 4.5 pounds per person per day[1][2]. Despite a growing push to recycle and reuse, we must try to correct not the symptoms but the disease, and to do that, we should all reduce. Consuming intelligently and putting pressure on companies to use biodegradable and recyclable material without over-wrapping their products is part of the solution. The other part is using less in the first place. Here are some things you can do right now. » WikiHow

http://www.wikihow.com/Avoid-Creating-Trash

Je répète toujours que le recyclage n’est pas la solution, c’est un moindre mal. Nous consommons des tonnes de produits suremballés, mais il faut à tout le moins recycler les emballages plastiques et cartonnés dont la valeur est complètement perdue envoyée à l’enfouissement ou à l’incinérateur. Dans la réalité, plus de la moitié de ces matières potentiellement recyclables (papiers, plastiques) sont tout de même enfouies. Pourquoi une telle abbhération? C’est tout d’abord un manque de volonté, volonté politique, volonté individuelle. Si des politiques officielles prônent le recyclage, les incitatifs au quotidien (ou les méthode coercives, telles des contraventions) jouent pour très peu. Plusieurs commerces de Montréal ne font pas de recyclage. Une des raisons invoquées, et pratique, est l’incohérence des horaires de collecte. Un commerçant doit mettre son recyclage avant 8h00 am, mais il n’arrive à son commerce qu’à l’ouverture, à 10h00. Il est interdit, pour des raisons de réglementation municipale, de mettre son recyclage la veille au bord du chemin. Ce manque de volonté et ces incohérences doivent être corrigés, mais on doit mettre l’énergie pour résoudre le problème. Les commerces attendent que la ville bouge, et la ville ignore plus ou moins le problème, plus ou moins volontairement. Politiques molles, volonté citoyenne pas assez forte. Mais à terme, qui paiera le coût écologique, et économique, de ce non-sens? Ce sont les citoyens, collectivement, qui écoperont. Par des sites d’enfouissements énormes, remplis de matières recyclables qui se tranforment plutôt en un bouillon toxique informe qui prendra des milliers d’années à se dégrader en polluant le sol, l’air et l’eau.

Ce matin, plainte officielle au département des parents: Jeune homme manque de vêtements. Rien à se mettre. J’ai les bras qui tombent, les jambes sciées. Ses tirroirs ne ferment pas tellement il a des vêtements. Je compte ses jeans: 9 paires (9!!!). Autres pantalons: 3. T-shirts: 12. Vestes: 4. Chemises d’été: 5. (mais ses chemises sont exclues de son look actuel). Shorts: 3. Bon là, j’avoue qu’il est mal nanti. Et ce ne sont que les vêtements chez son père, car il a une autre garde-robe chez Maman, question pratique. Mais sa demande vient du fait que ses vêtements ne correspondent plus à ce qu’il aime. Soit. Certains de ces vêtements ont été donnés par son frère ou son cousin. Il n’a pas choisi. Ce ne sont pas ‘ses’ vêtements.

Mais au-delà de ça, au-delà de sa demande, relativement légitime pour une jeune garçon de 12 ans qui vit dans notre société de consommation dans un milieu relativement aisé, cela amène à se poser de sérieuses questions sur nos valeurs collectives, sur la surabondance dans laquelle nous vivons et qui est une norme sous laquelle on crie au scandale. En voyageant un peu, seulement de quartier, on relativise. Pourquoi avoir tant besoin de choses, de vêtements, d’objets. Je suis la première victime, assallie parfois par des irrépressibles envie d’aller faire un tour chez Ikea, ce royaume du beau-bon-pas cher, véritable Noël pour la ‘bobo‘ que je suis. Pourquoi avons-nous cette envie de consommer, d’avoir du nouveau, du changement? Est-ce que la chanson incessante de la pub et les valeurs qu’elle transporte qui nous a façonnés? Sommes-nous des soldats de la consommation? J’ai bien peur que oui. Et comment on déserte de cette armée dont les généraux sont l’endettement et la surenchère de déchets?

Sous mon toît vivent des adolescents. Sensibles, intelligents, relativement conscients des enjeux écologiques (je leur rabat tellement les oreilles avec mes précoccupations, il ne peuvent ignorer le problème). Et trop souvent je trouve dans notre poubelle: du plastique recyclable, du papier, des matières compostables ou pire des choses parfaitement correctes qui peuvent être données. Alors je prends le temps de les extirper de la poubelle et de les détourner du chemin de l’enfouissement. Mon geste est anodin, ridicule aux yeux de certains, mais face à moi-même, je fais ce que je considère important. Beaucoup de gens ne s’en préoccupent pas? Vais-je baisser les bras pour autant? Non, je continue de demander, de répéter. J’ai même collé un mot sur la poubelle. Notre poubelle parle. Je devrais peut-être mettre des hauts-parleur dedans et commercialiser le tout?

Toutes les réflexions amenées par mon projet m’amènent dans des zones sombres comme dans les zones les plus lumineuses de mes pensées. Prisonière de nos liens avec la société, je suis confrontée chaque jour avec des paradoxes difficiles. Je n’aime pas produire de déchets, mais comment s’en défaire si chaque produit consommé est suremballé? Il faut faire les bons choix, je le concède, mais c’est un combat quotidien contre l’offre abondante de produits suremballés, non respecteux de l’environnement et de la justice sociale. Comment être certain que ce qu’on achète a été produit écologiquement, avec une réelle démarche de respect de la nature, et en respectant les droits des travailleurs qui l’ont produit? Les certifications et logos sont si nombreux, qu’il est difficile d’y voir clair. Si on ajoutte tout le marketing vert et la publicité qui nous manipule à des fins mercantiles, c’est presque impossible de faire confiance aux prétentions écologiques d’un produit. Cesser de consommer à outrance serait la voie logique qui permet de freiner la destruction que l’on fait subir à la planète, mais devant la machine capitaliste et son train de valeurs attrayantes, c’est complètement utopique.

Je suis confrontée quotidiennement à des milliers de choix de société qui sont hautement illogiques si nous voulons faire cesser le suicide collectif dans lequel nous sommes engagés. Mais peu de gens semblent voir l’ampleur du problème, pourtant devant nos yeux. Beaucoup se bercent d’illusion en croyant que la technologie et l’argent pourront réparer les dégats. Je dois être honnête et admettre que plusieurs avancées technologiques, tel le biomimétisme, offrent des pistes intéressantes pour rétablir notre équilibre avec la nature. Mais afin de contrer les problèmes de façon sérieuse, la transition doit être radicale et immédiate. Ce qui fait de moi une extrémiste, position idéologique peu encline à trouver écho dans notre monde modéré.

Je dois ranger ma colère? Peut-être. Mais une chose est certaine, c’est avec acharnement que je dois poursuivre ma quête.